samedi 22 juin 2013

Cacabelos - La Faba (32 kms)

52ème étape (21/06/2013) :

Départ : 7h15 - Temps frais incertain


Très bonne nuit dans cette auberge municipale de Cacabelos, une fois n'est pas coutume. Il faut dire que j'avais mis des boules Quies car malgré que nous soyons dans des box de deux lits, le ronfleur d'à côté réussissait à nous abrutir quand même !

C'est donc à 7h15 que nous quittons Cacabelos par la route. Et la route, aujourd'hui nous allons en bouffer ! Rien de bien terrible jusqu'à Villafranca del Bierzo. Et dans cette ville, nous avons rencontré des pèlerins dans tous les sens : un manque de signalisation évident. Il aurait apparemment deux itinéraires : un difficile par la montagne et un plus facile par la route. Nous n'avons vu qu'un parcours, celui par la route... Et encore une fois, nous cheminons pris en tenaille entre la route que nous longeons et l'autoroute Madrid - La Corogne. CompostElle est assez en colère car même si elle eprouve des difficultés dans les ascensions, elle préfère quand ça à la route ! Sur le pont, à la sortie de Villafranca del Bierzo, nous doublons Egbert et sa chienne Luna qui transporte sur son dos, en plus de ses sacoches, une bouteille en plastique vide, à l'intérieur de laquelle il est possible de faire des dons pour la lutte contre le cancer !


C'est encore une fois comme une étape de montagne dans le Tour de France : la vallée qui mène à la principale difficulté du jour, est longue, très longue ! Et la montée vers O Cebreiro est réputée comme l'une des plus dures. La seule chose que j'ai remarqué c'est le beau gîte municipal de Pereje... Bien sûr, la montagne est belle, mais rester à ses pieds pendant des kilomètres, c'est frustrant ! Vers midi, nous passons à La Portela et nous rencontrons Pierre et ses deux compagnons de route (Patrick le bourguignon et Murielle l'Ardèchoise). Ils sortent d'un café et ils poursuivent leur route jusqu'à Vega de Valcarce, où ils déjeuneront en arrivant. Nous, fidèles à nos habitudes, squattons un banc pour le ravito.


Nous avons dans l'idée d'entamer la montée vers O Cebreiro aujourd'hui, pour ne pas la faire d'une traite. Mais tout dépend de la fraîcheur des troupes. Nous visons donc le refuge géré par une association allemande situé à La Faba. Petit à petit, au fur et à mesure que les kilomètres s'accumulent, la route se rétrécit, les maisons ressemblent de plus en plus à celles qu'on peut voir en Bretagne... Et tout d'un coup, ce qui devait arriver, arriva : le petit bout de route se transforme en sentier étroit et très pentu ! Et là commence un calvaire de deux kilomètres... On souffre, on souffle, on jure (désolé !) et heureusement il ne pleut pas car sinon cela doit être terrible. 


Enfin après 45 minutes d'effort, nous touchons au but : le refuge visé est devant nous juste à côté de l'église. Le soir à 20h00, le curé arrive et sonne la cloche pour rameuter ses ouailles. Bien entendu, il n'y a que des pèlerins et nous assistons à une messe mémorable où les pèlerins sont invités à laver les pieds d'autres pèlerins, à tous s'embrasser.... Grandiose !



jeudi 20 juin 2013

Acebo - Cacabelos (33 kms)

51ème étape (20/06/2013) :

Départ 6h30 - Temps frais mais dégagé


Je ne ferais pas de pub pour l'auberge qui est au centre du village dans la rue principale, sur la gauche. La chambre de 18 lits fait vraiment fouillis et les douches (2) sont très sales. Tout est en piteux état et pour nous c'est pratiquement le pire endroit depuis départ ! Sinon nous avons quand même bien rigolé lors du dîner avec Martine et Francine, dans la même auberge. Même si Francine est plus ou moins à bout : partie de Nancy, il y a presque trois mois, elle accumule la fatigue et il lui tarde d'arriver à Santiago. À 22h00, nous montons nous coucher sans faire de bruit. Une bonne heure après six espagnols débarquent dans la chambre réveillent tout le monde. Nous les avions déjà remarqué, hier, car quand nous sommes arrivés, ils étaient à table et il y avait pas mal de bouteilles vides. Et le soir, ils étaient toujours a table avant nous et ils sont donc restés pratiquement 8 heures dans la salle du restaurant ! 

La nuit a forcément été mauvaise : les gens qui consomment beaucoup d'alcool ronflent généralement assez bruyamment. Sans compter la porte des toilettes qui frotte par terre à chaque ouverture et fermeture... Vers 5h45, ça commence à bouger dans le dortoir et puisqu'il n'est plus possible de dormir, je décide de plier bagage. J'avise CompostElle de mon intention et nous allons faire une toilette sommaire. Puis, plutôt que de faire les sacs dans le noir, à 6h20, j'allume la lumière. Et là commence alors une scène inimaginable : alors que tous les pèlerins après avoir regardé leur montre se réveille tranquillement et prépare leurs affaires, je me retrouve avec les espagnols sur le dos ! Et un espagnol en colère, ça crie fort... Une femme me traite de tous les noms et éteint la lumière que je m'empresse de rallumer ! Et ça dure cinq minutes, j'en viens presque aux mains avec l'un d'entre eux à qui je donne un bon coup d'épaule. J'attendais qu'il m'en mette une et que ça parte en cacahuète ! J'aime pas ces faux pèlerins qui prennent nos places dans les gîtes, font de toutes petites étapes et passent tout leur temps à boire... J'aurais voulu les voir à la Collégiale de Roncevaux quand les lumières s'allument automatiquement à 6h00 du matin et qu'un hospitalier passe en chantant dans les dortoirs !

C'est donc en bonne condition que nous débutons cette étape vers 6h30. Tout d'abord une belle descente sur la route assez homogène puis un petit chemin en caillasses très pentu. Un peu du même genre que celui par lequel nous avons fini, hier et qui avait mis à mal les genoux de CompostElle. Le temps est très frais, mais le ciel semble vouloir s'assagir en découvrant de belles parcelles de bleu. 


À Molinaseca, que nous atteignons à 8h15, nous déjeunons dans un troquet, juste après le joli pont romain et dans la rue très commerçante empruntée par le Camino.
 

Puis vient Ponferrada et sa traversée d'une longueur sans pareil : plus d'une heure ! Nous faisons presque le tour de la ville avant d'enfin en sortir. Nous ne voyons pas grand monde sur le chemin ce qui nous permet d'observer la nature. Et là, nous avons changé de topographie  en nous rapprochant de la Gallice : les cultures céréalières laissent un peu de place à la culture fruitière. Cerisiers, figuiers, pommiers, noyers, vignes et amandiers font maintenant partie intégrante du paysage pour le bonheur des yeux. Nous effectuons notre pause casse croûte à l'entrée de Camponaraya. Et après s'être restauré, nous reprenons la route et à la sortie du village, une surprise de taille : une voiture nous klaxonne avec insistance et soudain, en sortent Alex et Roger !!! Quelle belle surprise...On se tombe dans les bras. Ils nous expliquent qu'ils logent chez un espagnol et qu'ils ne repartent que demain. L'espagnol nous invite à manger chez lui (il est 13h30). Dommage car nous venons juste de manger !!! Nous nous quittons car il nous reste 5 kilomètres à parcourir et nous leur donnons rendez-vous demain, pendant l'étape ou au gîte !


C'est donc vers 14h30 que nous atteignons Cacabelos et son auberge municipale dans l'enceinte d'une église ! Et là, deuxième surprise du jour : Pierre est là !!! Il a pris un bus pour être dans la même étape que ses nouveaux amis avec qui il marche (Patrick et Murielle). En plus, comme son état de santé ne s'améliorait pas, il a consulté un médecin à Astorga. Et ce soir, nous mangeons tous ensemble à 1.5 km du gîte. Il y a donc Pierre qui arrose la naissance de son premier petit-enfant (Kobe), nous deux, Patrick et Murielle, Ed (un américain), Wolfram et Vinette (suisses d'adoption). Belle soirée !


mercredi 19 juin 2013

Murias de Rechivaldo - El Acebo (33 kms)

50ème étape (19/06/2013)

Départ 6h10 - Temps froid et très menaçant


Tout d'abord, une bonne adresse pour dîner à Murias : meson Astrum à 50 mètres de l'auberge, ça faisait longtemps que je n'avais pas eu le ventre aussi rempli ! De belles portions, du vin en quantité et un Cocido Maragato de folie.

Ensuite, l'hospitalier a fait peur à tout le monde hier soir en annonçant pour aujourd'hui des orages violents, des éclairs et de la foudre ! Il a fortement déconseillé, en toutes les langues, de s'aventurer dans l'ascension de la Croix de Fer et a recommandé de s'arrêter à Rabanal del Camino. La plupart des pèlerins présents semblaient satisfaits de cette recommandation... Il faut dire qu'ils étaient pratiquement tous partis de Leon, soit deux jours de marche ! Et ils en avaient déjà plein les bottes alors faire une étape de 16 kms, ça les arrangeait presque. 
Pour nous, après l'ascension tronquée vers Roncevaux, louper encore la mythique Croix de Fer, franchement c'en est trop... Nous décidons avec CompostElle de monter jusqu'à mi-pente, au petit village de Foncebadon qui compte pas moins de 4 auberges,  et d'aviser sur la poursuite de la montée en fonction de la météo. Sachant qu'en haut de la Croix de Fer, il resterait 12 kms pour avoir un gîte ce qui ferait une étape avoisinant les 33 kms !!!

Donc, ce matin, on ne sait pas trop pourquoi, des farfelus ont mis leur réveil à sonner à 5h00 du matin  !!! Faire les sacs, s'équiper avec les lampes frontales, faire une toilette express... Un pèlerin allume même la lumière du dortoir à 5h30 ! CompostElle est pliée de rire devant tant de fébrilité voire de bêtise. Une fois réveillé, autant se lever et partir, c'est ce que nous faisons à 6h10 : il fait encore nuit ! Au passage, je récupère un duvet tombé par terre dehors sous une table. Je le redonne à son propriétaire qui n'était pas encore parti....


Le petit sentier blanc ressort bien dans la noirceur de la nuit et la frontale est inutile. Cela monte légèrement, mais c'est agréable cette pénombre qui nous entoure. Vers 7h00, nous arrivons à Santa Catalina de Somoza où nous déjeunons dans un bar. Nous retrouvons Martine une française de 64 ans qui pérégrine seule et que nous avons déjà vu à plusieurs reprises : elle affiche, en toutes circonstances, un optimisme inégalable et elle a une pêche d'enfer ! Effilée comme une lame de couteau, elle marche à une vitesse incroyable tout en parcourant de grandes distances. 


Puis arrive dans notre parcours El Ganso en même temps qu'un petit rayon de soleil, frais certes mais c'est toujours mieux que la météo annoncée. Il fait à peu près 7 ou 8 degrés mais avec fort vent de face qui souffle à pas loin de 80 km/h, il fait plutôt frisquet ! Mais toujours pas d'orage, tant mieux... Les paysages sont superbes et les couleurs magnifiques, au gré des différents éclairages proposé par l'astre solaire et tamisé par l'incessant ballet des nuages... 
À Rabanal del Camino, que nous atteignons avant 10h00 nous nous approvisionnons ne sachant pas ce que nous réservent les prochaines heures. En tout cas, si nous avions écouté les conseils donnés hier soir, notre étape s'arrêterait là. Mais nous poursuivons notre route et cette fois, ça monte pas mal jusqu'à Foncebadon et Eole redouble d'effort à tel point que les cyclistes très nombreux sur cette étape sont obligés de mettre pied à terre. C'est glacial, ce qui ne nous empêche pas de pique niquer par terre à l'abri d'un muret ! Nous en profitons pour faire le point sur l'état de nos forces, la qualité de notre moral et les probabilités météorologiques... Il est 11h30 et les auberges n'ouvrent qu'à 13h00, donc à la majorité plus une voix, nous décidons de gravir les deux kilomètres restant et advienne que pourra !


Ce n'est pas facile, les conditions sont sibériennes mais toujours pas d'orage : CompostElle est remontée à bloc et fait preuve d'une belle aisance dans cette étape tant redoutée. J'essaie de lui donner des conseils ou plutôt des indications pour l'épauler de mon mieux car là je suis dans mon élément : en montée, mes pieds ne me font pratiquement pas souffrir. Les changements de terrain continuels font que nous restons concentrés sur le positionnement de nos pieds pour éviter la chute. Et enfin, au beau milieu du néant alors qu'un nuage se déchire, la Cruz de Ferro apparaît ! Majestueuse, emblématique... C'est un moment fort en émotions car nous devons déposer quelques "offrandes" à son pied. Les petits cailloux que CompostElle transporte depuis notre départ sont posés à la base de la croix... Nous y sommes arrivés et dans les jours difficiles que nous avons connus, cette action symbolique nous a aidé à tenir, peu importe les douleurs physiques ou morales.


Il s'en est fallu de peu que nous ne puissions accomplir ce geste car sur le lieu même se tournait un film et l'accès a été bloqué juste après que ayons passé au sommet de ce tas de cailloux !


Puis, nous entamons une descente par endroit très abruptes dans un sentier en pierres inégales et branlantes. Les couleurs offertes par les bruyères et les genêts dans le vert des pins sont d'une beauté rare : c'est un délice d'y cheminer. Pour CompostElle, c'est la plus belle étape depuis Ardentes, ville départ de notre périple. 


En entrant dans El Acebo, terme de cette étape de 33 kms, nous retrouvons au gîte, Francine la nancéenne qui avait donné de l'éosine à CompostElle lors de sa deuxième épidémie d'ampoules, et Martine, l'agile retraitée. 

Bref, une belle étape, même si la météo a encore une fois été dure avec nous, sans doute pour nous mettre à l'épreuve, une énième fois !

mardi 18 juin 2013

San Martin Del Camino - Murias de Rechivaldo (27 kms)

49ème étape (18/06/2013) :

Départ 6h50 - Temps couvert


Bon, ce refuge municipal n'est pas de première jeunesse mais au moins nous n'avions pas les toilettes et les douches ne sont pas à l'extérieur, comme chez Ana... Et finalement, la soirée s'est bien passée : nous étions 10 à table, 3 espagnols et leur chien, Marcela une italienne, Éméline une française qui vient de terminer sa thèse de médecine, une coréenne qui fait route commune avec la française et deux françaises qui commencent tout juste leur Camino. Mis à part les deux dernières, nous nous sommes tous déjà croisés, depuis St Jean Pied de Port, leur lieu de départ à tous... Mais quand ils apprennent d'où nous sommes partis, plus personne ne nous regarde du même oeil ! Les gens sont, en général, admiratifs devant ce qu'ils considèrent comme un exploit. Pourtant, avec un peu de volonté et beaucoup de temps libre, c'est à la portée du premier quidam venu.

Hier, nous sommes passés sous la barre des 300 kms nous séparant de Santiago. Et ce qui n'a strictement rien à voir, nous nous sommes pesés dans un magasin (première fois depuis notre depart) et le résultat est modéré : - 5 kgs pour CompostElle et - 3 kgs pour moi. Ce n'est pas énorme par rapport au nombre d'heures passé à marcher. 

Sinon, ce matin, il y en a encore qui sont tombés sur la tête ! Réveil à 5h00 et branle bas de combat dans la chambrée. Le pire, c'est que la plupart ne partira pas avant nous ou si peu... et que nous les doublerons tous dans la première heure. Enfin, ce sera bientôt pire dans quelques jours quand nous aborderons les 100 derniers kilomètres.  


D'où notre départ matinal toujours le long de cette foutue route nationale. Cependant, nous remarquons que le relief change, que la terre devient rouge, que la végétation se diversifie, les chênes lièges faisant leur réapparition et que c'est plus agréable surtout après Hospital de Orbigo, très joli village soit dit en passant. À la sortie de ce village, le chemin se sépare en deux pour se rejoindre à nouveau juste avant Astorga. Nous prenons l'option tracé historique. Et un peu plus tard, un petit malin a peint une belle flèche jaune indiquant à droite sur le mur d'une vieille bicoque accompagné d'un beau "Camino" placardé juste au dessus. Certainement pour passer devant son bar...


Nous sentons l'entourloupe et filons tout droit ! Et effectivement, nous retrouvons le fléchage officiel un peu plus loin. Ensuite vient l'approche de Astorga et là, c'est assez long : une douzaine de kilomètres sans rien!  À midi nous franchissons enfin la pancarte fatidique. Quelques photos, courses et nous décidons d'aller jusqu'à Murias de Rechivaldo quatre kilomètres plus loin. Nous déjeunons à face à l'Ermita de Ecce Homo où CompostElle fait tamponner nos credentiales. Pour moi, le final devient difficile à cause des douleurs aux talons qui se réinvitent !


À 13h45, nous atteignons notre gîte du jour : le refuge municipal, tenu par Oliver, une unité de 14 lits simples. 

lundi 17 juin 2013

Leon - San Martin del Camino (26 kms)

48ème étape (17/06/2013)

Départ 7h00 - Temps couvert et frais


Encore une nuit bruyante mais ce coup là, ce fût à cause de la circulation ! Avec la chaleur qui régnait dans la chambre, il était pratiquement impossible de dormir les fenêtres fermées et notre chambre donnait sur une avenue à fort trafic... Finalement, un retraité français est venu nous rejoindre pour la nuit, si bien que nous étions au complet. C'était sa deuxième nuit à la même place : c'est possible dans les auberges privées, il suffit juste de se réinscrire le matin...


Comme il n'y avait pas de cuisine, nous sommes partis sans déjeuner. Et nous avons traversé Leon de bon matin. La ville a l'air d'être plus matinale que Burgos car à 7h00, les rues grouillent déjà. D'ailleurs, pour être franc nous avons préféré Burgos à Léon sans trop savoir pourquoi ! Mais des goûts et des couleurs, il est mal placé d'en parler ici. 

Après avoir descendu les quatre étages en guise d'échauffement, nous nous élançons sur cette étape qui devrait nous mener à San Martin Del Camino. Et quand nous sortons du bâtiment, le temps n'est plus vraiment le même qu'hier. Il fait frais, le vent est fort et frisquet et le ciel est très menaçant. Je suis un des seuls en short et en manches courtes. C'est bien simple, nous avons perdu près de 20°C, dans la nuit.


Une fois n'est pas coutume, la sortie de la ville ne s'est pas révélée très réjouissante. Il a fallu un certain temps avant de trouver un chemin. De plus, bien avant la sortie effective, il s'est mis à bruiner ce qui nous a obligé à ressortir les couvres sacs. La température avoisine les 13°C et on sent bien qu'aujourd'hui cela n'augmentera pas beaucoup, à moins d'un miracle ! Même en arrivant à Virgen del Camino (7 kms après notre départ) cela ne s'améliore pas, bien au contraire puisque les quelques gouttes qui tombent depuis quelques kilomètres se transforment en pluie soutenue ! Nous sommes obligés de renfiler nos capes de pluie. Mais finalement plus de peur que de mal, car cela s'estompe au bout d'une dizaine de minutes. Un ravitaillement rapide dans une station service (brioche + café) et c'est reparti. Là, il y a une variante qui propose un circuit plus au sud par Villar de Mazarife. Nous nous en tiendrons au tracé officiel qui pourtant n'est pas très folichon : nous évoluons le plus souvent le long de la nationale N-120, très fréquentée avec par dessus le marché, beaucoup de poids lourds. Le vent, plus le bruit de la circulation routière, c'est tout simplement infernal.
 

C'est vers 12h00 que nous arrivons à Villadangos del Paramo pour une pause ravitaillement et casse-croûte. Et là, qui voyons nous devant l'épicerie ? Le couple de hollandais vu dès notre première étape, il y a maintenant 48 jours et que nous n'avions pas revu depuis Zubiri !!! C'est toujours encourageant de revoir des pèlerins avec qui nous avons partagé des moments depuis maintenant plus d'un mois et demi...

En repartant de Villadangos, il ne reste plus qu'environ 5 kilomètres à parcourir pour rejoindre San Martin Del Camino, le terme de notre étape. Dans ce village, il y a trois auberges : Viera, Ana et municipale. Avec CompostElle nous avons discuté pour savoir laquelle prendre et nous avons convenu de choisir celle qui est à droite de la route. Pourquoi ? Parce que le vent venant de la droite, et vu la circulation intense sur cette nationale nous pensons qu'il est préférable d'éviter qu'Eole ne nous porte cette nuisance sonore... En avançant dans le bourg, nous distinguons au loin , une silhouette qui ne nous est pas inconnue... C'est Pierre (Peter de Belgique) qui a élu domicile à l'auberge Viera ! Nous sommes contents de le retrouver mais ce n'est pas pour autant que nous allons dans le même hébergement. Pierre a été malade et a pris une journée de repos, c'est pour cela que nous l'avons rattrapé. 

Finalement, nous échouons à l'auberge municipale qui a le seul atout valable pour nous :elle est située du bon côté de la route !!!

dimanche 16 juin 2013

Puente Villarente - Leon (15 kms)

46ème étape (16/06/2013) :

Départ 7h45 -Temps frais et beau


Bon, c'est à noter dans les annales, nous avons passé une bonne nuit, certainement la meilleure depuis notre départ. Pas de ronfleur, pas de lève-tôt invétéré, bonne literie, bref que du bonheur ! 
En paraphant le livre d'or, je m'aperçois que Roger et Alex étaient ici, hier... Le monde est petit, et on s'en veut presque de leur avoir laissé une journée d'avance dès le passage de la frontière ! Surtout qu'en sortant de l'auberge, un panneau indique Leon à 9 kms !!! Nous aurions presque pu les faire hier soir.
 

En quittant Puente Villarente, le tracé du chemin tourne à droite et se trouve coincé entre la nationale et l'autoroute. Le parcours est tout de même agréable jusqu'à Arcahueja car il évite le bitume. A quatre ou cinq kilomètres de Leon, une montée, la première depuis pratiquement une semaine, et qui vient nous rappeler que dans 4 jours, nous grimperons à presque 1600 mètres d'altitude et c'est là-bas  que nos sacs s'allègeront car ce sera l'étape qui passe à Cruz de Ferro..  Et nous déposerons nos trois pierres, comme le veut la tradition. Mais nous n'en sommes pas encore là !  


Pour le moment, c'est Leon qui se trouve devant nous et c'est par une légère descente que nous y accédons. Il n'y a pas de possibilité de prendre une photo d'ensemble de la ville.
Alors, autant l'entrée dans Burgos avait été difficile et laborieuse, autant l'entrée dans Leon ne nous a pas parue insurmontable. À l'entrée de la ville, la protection civile est présente pour recenser la nationalité et le sexe  des pèlerins mais aussi pour les renseigner sur les hébergements possibles ainsi que leur fournir un plan du centre ville. C'est une très bonne initiative car dans Leon, le pèlerin n'est pas roi,  et trouver une auberge relève presque de l'exploit ! D'ailleurs tous ceux qui nous précédent partent dans tous les sens après quelques centaines de mètres. Mais au bout d'un moment, tout rentre dans l'ordre et nous nous retrouvons assis sur un muret juste en face de l'entrée du refuge des Soeurs Bénédictines. Il est 10h40,  et il y a déjà une quinzaine de pèlerins devant nous. Vingt minutes d'attente et à 11h00, les portes s'ouvrent. Nous nous avançons et dans la queue vient s'immiscer Trevor (rencontré à quatre reprises) et quand il nous voit, il nous informe qu'il a un meilleur plan : des chambres de quatre lits avec douche et toilette, pour 10 € ! CompostElle et moi réfléchissons deux secondes et hop, nous emboîtons le pas de l'américain vers le refuge de l'association Ademar. Nous sommes donc dans la même chambre que Trevor et le seul hic c'est que cette chambre est au 4ème étage et sans ascenseur ! Mais bon, ça nous fera les mollets...


Après une bonne douche (vous remarquerez qu'il y a rarement de mauvaise douche) nous partons à l'assaut de Leon. Un rafraîchissement et un grignotage pas trop cher et en nous baladant nous tombons sur un couple de français qui faisait la queue avec nous, ce matin chez les Bénédictines et ils ont un peu les nerfs : les femmes et les hommes ont des dortoirs séparé ! Ouf, nous avons eu chaud...

Nous continuons à déambuler dans Leon, mais pour nous, Burgos est plus joli. Bien sûr, ce n'est qu'un avis personnel même si la cathédrale Santa Maria, en cours de rénovation, est unique en Espagne par ses nefs hautes et élancées largement éclairées, d'inspiration française. 



samedi 15 juin 2013

El Burgo Ranero - Puente Villarente (25 kms)

46ème étape (15/06/2013) : 

Départ 7h00 - Temps beau et dégagé


Les journées sont pas faciles, mais les nuits non plus ! À peu près bien dormi jusqu'à 5h00 du matin et là, ça commence à s'agiter... Je ne comprends pas pourquoi les hospitaliers font pas respecter le règlement : il est inscrit noir sur blanc que les portes ouvrent à 7h00... Si je me souviens bien à la Collégiale de Roncevaux, les portes restent closent jusqu'à l'heure dite donc c'est pas la peine de se lever 3 heures avant ! Surtout que là, nous n'étions que 26 dans l'auberge alors un peu de savoir vivre ferait de mal à personne. D'ailleurs, je ne me suis pas fait prier pour le noter sur le livre d'or !


Nous partons encore bons derniers, ce matin, d'ailleurs j'ai remarqué que les pèlerins qui partent le plus tard sont souvent ceux qui viennent de loin (Vézelay, Le Puy voire plus) et ce sont ceux-là qui font le plus de kilomètres dans la journée... 

CompostElle étant encore embêtée par ses ampoules, nous partons sur un faux rythme en espérant des heures meilleures. Surtout que le premier tronçon est particulièrement long : 13 kilomètres avant d'attraper le premier village. Certes nous progressons, une nouvelle fois, sur un chemin parallèle à la route et c'est en ça que réside la principale difficulté. Au loin, à l'horizon, les montagnes enneigées se rapprochent de nous comme pour nous rappeler que les difficultés ne sont pas finies. A part ça, et le ciel bleu, cette meseta traîne en longueur. Vers 10h00, la chaleur devient accablante et nous savons que nous allons encore souffrir toute la journée. 


À 11h15, nous arrivons à Mansilla de las Mulas et toujours pas d'air : le thermomètre indique 27°C ! Nous marquons une petite pause dans ce village fortifié : rafraîchissements et ravitaillement. A l'auberge municipale certains lève-tôt font le pied de grue devant la porte, l'auberge n'ouvrant ses portes qu'à midi... Pour nous, la journée n'est pas finie car nous souhaitons nous rapprocher le plus possible de Leon afin de disposer d'un peu de temps pour visiter. 


Donc à la sortie de Mansilla de las Mulas, nous trouvons une table à l'ombre (le luxe) et nous reprenons des forces pour les 5 derniers kilomètres. Et un coup de folie nous prend : nous décidons de finir cette étape, CompostElle en sandales et moi avec mes fameuses claquettes ramenées du Kenya !!! Et ma foi, les doigts de pieds à l'air, c'est super. Je ne dis pas que nous pourrions faire toute l'étape ainsi mais je pense que cette expérience sera renouvelée.


C'est pratiquement en plagistes que nous arrivons à Puente Villarente, à 14h00. Pour l'auberge, celle qui se trouve juste après le pont ne nous emballe pas donc nous nous rendons à celle qui porte le doux nom de San Pelayo.  Et le menu pèlerin à 10 € est très copieux, ce qui mérite d'être signalé.